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Et si j’allais travailler à Londres ? - Partie 2 / 2

Thursday, November 1st, 2007

Ceci est la suite de la première partie de l’article de Blandine.

De la rencontre de la réalité

Une fois sur place, soit vous avez des amis merveilleux qui vous accueille le temps que vous trouviez un emploi et receviez donc salaire, soit…vous êtes mals !

Il ne vous reste plus qu’à aller de suite pointer au café du coin ou de tenter votre chance en vente par téléphone, pour survivre.

Cependant, il faut alors choisir entre :

  • Gagner de l’argent vs Avoir le temps de chercher un emploi
  • Sentir le FEB (Full English Breakfast) vs. sentir le renfermé du salon où vous passez vos journée devant votre ordinateur à explorer les sites de recrutement

Vous pouvez vous accorder le premier week-end pour prendre vos marques dans cette ville et faire le touriste (Double Deckers, Big Ben, Notting Hill, Tower Bridge, Camden Market, Windsor, Bricklane, répérer les comédies musicales multiple et les musées gratuits). Cependant, quand vient le premier lundi vous devez être d’attaque, doigt sur la souris, CV customisés et téléphone portable à portée, prêt à inonder les sites des agences de recrutement avec nos CVs pour toutes les offres qui vous intéressent.

De l’éloge du synthétique en matière de cover letter

Bien sûr, on oublie les lettres de motivation taille dissertation à la française. Ici il faut aller droit au but et on réserve les trésors de notre expérience et les si précieux détails de notre personnalité pour le temps de l’entretien. La breveté de la Cover Letter est le gage d’un esprit concis et to-the-point.
Six-sept lignes (je n’ai jamais réussi en dessous de quinze), l’essentiel pour attirer l’attention sur votre CV, donc le CV doit être top et donner envie de vous rencontrer.

  1. Cover letter donnant envie d’ouvrir la pièce jointe-CV
  2. CV donnant envie de décrocher le téléphone pour vous inviter à venir vous enregistrer à l’agence

De la nécessité de passer par des agences de recrutement

Contrairement à la France, les agences de recrutement n’œuvrent pas uniquement pour les placements temporaires. En général, vous choisissez quand vous remplissez votre profile en ligne si vous cherchez un emploi temporaire/ permanent/ au contrat.
Les agences sont en fait plus comme des chasseurs de tête, spécialisées dans des secteurs. Seulement, le marché de l’emploi étant ce qu’il est (i.e. saturé), soit vous partagez les compétences de beaucoup de candidats et du coup VOUS devez courir après les agences, soit vous êtes une perle rare et vous n’avez même pas besoin de passer par l’étape ‘recherche d’emploi’, vous arrivez à Londres déjà avec un contrat !

Je récapitule donc :

  • essayer de repérer les agences spécialisées dans le secteur qui vous intéressent. En gros, bingo si vous êtes dans la finance, le marketing, la vente ou l’ IT.
  • enregistrer son CV dans les agences de recrutement en ligne & entrer son profil. Pas besoin de s’enregistrer sur 50 agences, cela prend du temps de remplir leurs questionnaires en ligne et seulement celles qui semblent avoir beaucoup d’offre dans votre domaine seront utiles.
  • vérifier les offres régulièrement en tentant de contacter directement une personne référent et pas en envoyant au hasard vers la boîte email générale.
  • Variante : vous pouvez prendre RDV avec un des conseillers du bureau emploi-formation du Consulat de France afin d’être enregistré dans leur base de données et ainsi d’avoir accès à leurs offres d’emploi, mises à jour chaque vendredi…cela dit, ne vous attendez pas à une mine d’offres et à un suivi très personnalisé…voilà 3 semaines que je suis enregistrée et seulement 4 nouvelles offres, comme serveuse ! il paraît que ça marche pour certains…

    De la nécessité de la positive attitude

    En effet ensuite, l’astuce de Sioux, est de ne pas se DECOURAGER ! oui, pas le plus simple !

    Vous pouvez commencer à vous estimez ‘en progrès’ lorsqu’une première agence vous appelle, par un beau matin à 9h pile ou bien à 19h30 quand vous venez enfin de vous accorder une pause dans la chasse aux offres.

    La voix super friendly et encourageante de ces recruteurs anglais est toujours déconcertante. On dirait qu’ils viennent de manger un clown et qu’ils sont extra enthousiastes par rapport à votre CV. (ce qui serait justifié si de fait vous avez un bon CV car la commission qu’ils touchent sur chacun des placements réussis en entreprise est assez copieuse !)

    Sur cette première victoire, accordez vous une bouteille de vin bien méritée et prévoyez un RDV au plus vite dans la dite agence. En effet, c’est seulement une fois enregistrés dans l’agence que votre CV pourra être envoyé aux clients potentiels (les entreprises qui recrutent) qui ne reçoit qu’une sélection de CVs.

    Conseils pour l’entretien en agence de recrutement :

    • être bien habillé
    • ne pas angoisser, les consultants sont là pour tenter de saisir qui nous sommes, ce que nous sommes plutôt enclin à faire et dans quelles conditions
    • ne pas hésiter à élargir le panel de postes qui vous intéresse
    • se présenter sous son jour le plus dynamique (sans être brusque ou avoir la bougeotte)
    • avoir au préalable une idée du salaire désiré, tout en étant flexible et envisageant les possibles bonus ou benefits

    De l’insupportable nécessité d’être patiente

    Après cette fenêtre ouverte sur un futur qui ne pourra être que plus concret, il faut se faire une raison : le quotidien redevient le même, au moins pour quelques jours ! Ou alors je suis jalouse ! Recherches, candidatures en ligne, élargissement des secteurs de compétences, moindre rigidité par rapport au salaire…car le temps passe et la pression financière commence à être lourde, que les murs de l’appartement nous sont maintenant trop familiers, et surtout que les hôtes risquent de bientôt penser que charité et naïveté sont deux termes qu’il ne faudrait pas mélanger !

    En parallèle des démarches par agences, heureusement il y a aussi les offres déposées directement par certains recruteurs sur Gumtree, avec de la chance on peut alors sauter quelques étapes et potentiellement décrocher quelques entretiens. L’avantage est que le procédé est plus rapide, l’inconvénient est que nous ne sommes pas accompagné dans la démarche. Mais on se débrouillait bien en France ! Il suffit de savoir ce que l’on veut.

    De l’application du théorème du rebondissement en matière de recherche d’emploi

    A Londres, comme partout, sachez rebondir, saisir toutes les opportunités, chercher dans les coins et recoins, solliciter LinkedIn, Facebook, Viadeo et autres network pour identifier les personnes que vous allez rencontrer, multiplier votre impact et donner l’impression que êtes ‘in control’. Plus vous faîtes montre de ressources et de jugeote, plus cela sera apprécier ! Et vous vous sentirez tout fier d’avoir réussi, d’avoir montrer à cette capitale de la finance, de la vente et du web que même dans le management artistique on peut trouver sa place !!!!

    Voilà une morale bien judéo-chrétienne : “ô que ce fut dur de garder la foi et la confiance, mais … que la joie et les récompenses sont grandes !”

    Toute expérience est bonne à prendre ! Les chemins qui mènent à la plus grande gloire ne sont jamais les plus simples et les plus droits !

    Merci SarahandLaurent !

    (Re)lire la première partie cet article.

    Et si j’allais travailler à Londres ? - Partie 1 / 2

    Monday, October 29th, 2007

    Aujourd’hui, nous publions un billet un peu particulier. Il ne sera pas écrit par Sarah, ni par moi-même, mais par … Blandine, que nous surnommons affectueusement notre immigrée clandestine.

    Blandine va donc nous raconter son aventure londonienne, des premières idées à sa recherche de travail sur place.

    Et vu que Blandine nous a pondu 4 pages word de prose, je vous ai empaqueté ça en plusieurs épisodes, histoire de ne pas vous assommer avec un pavé.

    Je passe donc le clavier à Blanblan !

    ——————————————

    De l’origine de la décision

    Après quelques questions existentielles relativement à mon évolution de carrière, et encore à Shanghai lors de la décision fatidique, je me suis laissée convaincre de tenter ma chance à Londres !

    Pourquoi Londres ? Pour qui Londres ? ou encore à cause de qui Londres ? grâce à qui Londres ?

    Pour ma part, c’est sous l’influence de ces deux charmants Sarah & Laurent, qui ont parfaitement bien assimilés leur cours de Communication et de Négociation d’Ecole de Commerce, que j’ai pointé mon doigt sur la capitale et ai ajouté les mots clef ‘Eurostar’, ‘London Job’, ‘French in London’, ‘Flat share in London’, ‘tickets Musicals’ et les sites associés dans « Mes Favoris » sur mon ordi !

    J’ai une capacité à générer de nouvelles perspectives et à m’imaginer de l’autre côté du globe à une vitesse impressionnante, du moment qu’il reste possible de trouver du fromage, du vin et des carrot cakes !!! Il faut dire, que après 1 an et demi à Shanghai, l’européanisme, même dans son entendement restreint anglais, manque et attire !

    Donc, le cheddar sera mieux que le tofu, le vin hors de prix mieux que le Bai jiu (alcool de riz) infect, et les mini-jupes excentriques mieux que les robes à frou-frou-frou importables !

    De l’entrée en période de veille conjoncturelle

    Face à ce projet de relocalisation, je me suis mise alors en ‘veille’ pour observer les tendances du lieu en matière d’appartement (dépenses), de transport (dépenses), de loisirs (dépenses), d’alimentation (dépenses) et puis quand même, d’emploi (ah, enfin des rentrées !).

    A distance, on comprend qu’à Londres tout se fait par Internet ! Super, on va pouvoir tout préparer à l’avance et arriver avec deux valises qu’on aura plus qu’à défaire pour ranger les vêtements dans les placards du nouvel appart’ déjà meublé et descendre dans le Starbucks le plus proche déguster un Cheesecake et un mocha-frappuccino ™ la veille de son premier jour de boulot !!

    De l’imminence du départ

    Starbucks et Comédies musicales, Picadilly et petites maisons londoniennes en vue … ?

    En fait, c’est un tantinet plus compliqué : il faut être sur place pour trouver un emploi ! Voilà ce que Laurent & Sarah m’ont confiée alors que je prospectais sérieusement depuis 10 jours devant mon ordi mais en France. Naïve et gentille fifille que je suis !

    Car certes le marché est très réactif, mais par conséquent, il vaut mieux être prêt à avoir un rendez-vous le lendemain du jour où, enfin, une agence de recrutement vous contact suite à réception de votre CV.

    Donc voici le BA-ba :

    • avoir un CV clair et adapté pour chaque offre (élémentaire mon cher Watson !)
    • avoir une adresse anglaise (déjà plus coriace)
    • avoir un numéro de téléphone anglais (là, on ne peut pas franchement bluffer !)

    Par suite, voici la solution : réserver au plus vite un billet pour Londres.
    Bien sûr, à la dernière minute, vous pouvez oublier Eurostar et Easyjet au départ de Lyon, Paris ou à peu près de n’importe quelle ville de France. Armez vous de courage, d’un iPod et de bons snacks, et montez dans le bus « direct » Eurolines, Lyon-Londres, direction Victoria Coach Station !

    (à suivre …)

    Blandine